Les infections sexuellement transmissibles

Qui dit relations sexuelles dit aussi IST. Pour se protéger de ces infections, causées la plupart du temps par des champignons et autres virus, une seule solution : le préservatif. Une fois la relation installée et tous les tests de rigueur effectués, on peut néanmoins avoir envie de s'en passer. Voici quelques conseils pour se prémunir de ces affections, dont certaines sont désagréables mais bénignes, et d'autres indolores et silencieuses mais assez graves à long terme si on n'y prend pas garde...

L'herpès génital : un virus parfois silencieux

C'est quoi ? Un virus qui peut sommeiller en vous, voire s'épanouir, sans faire de bruit. Pour un jour se réveiller et se manifester sous la forme de petites pustules semblables aux boutons de fièvre qu'on peut avoir parfois sur la bouche (c'est le même virus) et tout aussi douloureuses. Chez les femmes, les crises sont particulièrement pénibles et peuvent même parfois nécessiter une hospitalisation.

Comment on l'attrape ? Très contagieux, l'herpès se transmet lors de rapports sexuels, mais aussi par simple contact des organes génitaux ou par un baiser. Il est également possible de le transmettre à son bébé pendant l'accouchement (avec des risques importants pour le nouveau-né, d'où l'importance d'être diagnostiqué).

Ça se soigne ? Si vous pensez en être atteinte, un gynécologue posera son diagnostic en faisant un prélèvement local, et si besoin une prise de sang. Le traitement existe mais n'éradique pas le virus. Il atténue les symptômes pendant les crises et, pris sur une longue durée, peut espacer les récidives.

Comment se protéger ? Si c'est votre partenaire qui est porteur, pour diminuer le risque de contamination, il doit se protéger durant les rapports en cas de crises. Et si ces dernières sont très fréquentes, les médecins recommandent le port du préservatif même lorsque tout va bien.

Le HPV (Human Papilloma Virus) : une porte d'entrée au cancer

C'est quoi ? Très silencieux au départ, ce virus est responsable d'une grande partie des cancers du col de l'utérus. On le repère en général par l'apparition de petites verrues autour du vagin, près de l'anus et sur les grandes lèvres. Parfois, aucun symptôme n'est visible et la détection se fait grâce au frottis.

Comment ça s'attrape ? Uniquement lors des rapports sexuels, même si des soupçons peuvent aussi se porter sur les cuvettes de toilettes - mais ça n'est pour l’instant pas prouvé.

Ça se soigne ? Si le HPV est pris à temps, il peut être soigné. Le médecin examine les verrues, fait si besoin une biopsie, et en fonction de leur nombre et de leur grosseur, décide du traitement : crèmes locales, laser, cryothérapie, etc. Parfois le col de l'utérus peut être touché, on appelle ça une dysplasie. Le médecin doit le « coniser », à savoir en retirer la partie affectée. En revanche, si l'on a trop attendu, les cellules peuvent s'être dégradées et transformées en cancer. Le traitement peut alors être beaucoup plus invasif.

bactéries

Comment se protéger ? Pour se protéger de ce virus, une seule solution : le préservatif. Il existe par ailleurs, en France depuis 2007, deux vaccins qui protègent contre certaines formes du virus. Ils s’adressent (pour être remboursés) aux jeunes filles de 14 ans et à celle de 15 à 23 ans qui n’auraient pas encore eu de rapports sexuels, ou au plus tard durant l’année suivant leur premier rapport. Attention, ces vaccins ne garantissent pas une protection contre toutes les souches du virus.

Les mycoses : pas très graves, mais empoisonnantes

C'est quoi ? La mycose, très répandue, est la plupart du temps causée par un champignon au nom de candida albicans. Les symptômes sont : démangeaisons, écoulements purulents et odorants.

Comment ça s'attrape ? Un peu partout, les candidas, étant naturellement présents dans l'organisme. Il suffit d'être un peu fatiguée, de sortir d'une grosse grippe ou autre pour être plus vulnérable. La contamination peut être sexuelle, mais aussi due à la consommation d'antibiotiques qui déséquilibrent la flore, ou d'une infection intestinale (les champignons migrent de l'anus vers le vagin).

Ça se soigne ? Pour traiter les mycoses, votre gynécologue vous prescrira une crème et des ovules antifongiques, qu'il faut prendre consciencieusement jusqu'au bout du traitement.

Comment se protéger ? Pour éviter les récidives, il faut faire attention à bien se sécher après les douches, porter plutôt des sous-vêtements en coton, et s'essuyer toujours de l'avant vers l'arrière lors du passage aux toilettes.

Les chlamydiae : silencieuses mais dangereuses

C'est quoi ? Une bactérie. Les chlamydiae sont des bactéries responsables de la majorité des maladies sexuellement transmissibles d'origine bactérienne. En silence, elles déclenchent des infections assez haut dans l'appareil génital, et sont responsables de nombreux cas de stérilité. Souvent, les chlamydiae sont dépistées en raison de mycoses récidivantes ou de douleurs pelviennes. Chez les hommes, elles peuvent se traduire par un écoulement de l'urètre.

Comment ça s'attrape ? Lors des rapports sexuels.

Ça se soigne ? Une fois diagnostiquées, les chlamydiae peuvent être soignées à l'aide d'antibiotiques. Pendant la durée du traitement, les rapports doivent être protégés.

Comment se protéger ? En utilisant des préservatifs.

Le SIDA : toujours pas de vaccin...

C'est quoi ? C'est une maladie causée par un virus, l'immunodéficience humaine (VIH), qui s'attaque à l'un des composants essentiels du système immunitaire, les lymphocytes T. Le syndrome d'immunodéficience acquise, plus connu sous le nom de SIDA, entraîne une chute des défenses naturelles.

Comment ça s'attrape ? Lors des rapports sexuels, mais aussi par transmission sanguine. Au moindre rapport suspect, il est conseillé de se rendre à l'hôpital dans les 48 heures, pour y subir un traitement d'urgence, qui peut diminuer le risque de contamination VIH, mais sans certitude d'éviter celle-ci.

Ça se soigne ? Pour l'instant, aucun vaccin n'a fait ses preuves, la meilleure protection reste le port du préservatif. C'est seulement après plusieurs tests que l'on peut envisager de s'en passer. Si l'on meurt encore du Sida, notamment dans les pays les plus pauvres où l'accès aux traitements est encore très aléatoire, il existe plusieurs types de thérapies qui permettent de mettre « en sommeil » le virus. Il y a deux grandes familles de traitements que l’on combine en général, et plus récemment deux nouvelles classes s’y sont ajoutées. Le but de ces traitements est d’empêcher la prolifération du virus, mais ils ne permettent malheureusement pas de le tuer.

Il est rappelé l'intérêt des préservatifs dans la prévention du VIH/SIDA et des autres IST